J'écoute : La voix des Morts
Je regarde : le néant ...
Je lis : de nouveau
Je mange : le moins possible
Je bois : café, Coca Blàk, de plus en plus
Je cite : "Don't be so humble - you are not that great." - Golda Meir (1898-1978) à un diplomate en visite ...
Je pense : ... trop !
Je rêve : mais nul besoin de sommeil
(mis à jour jeudi 20 décembre 2007 à 16:45)

31/10/2005

31/10/05 - 01:33

Aujourd'hui ...





« Avant toute chose, il faut savoir que l’Ankou est l’ouvrier de la mort (oberour ar maro en breton). Le dernier mort de l’année, dans chaque paroisse, devient l’Ankou de cette paroisse pour l’année suivante. On dépeint l'Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre ; tantôt sous la forme d’un squelette drapé d’un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu’une girouette autour de sa tige de fer, afin qu’il puisse embrasser d’un seul coup d’œil toute la région qu’il a mission de parcourir. Dans l’un et l’autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires en ce qu’elle a le tranchant tourné en dehors. ( … )

L'Ankou, c'est la Mort, personnage central de nombreuses légendes bretonnes; et ce nom n'est rien d'autre que le vieux-celtique Ankavos signifiant 'La Mort'. On le figure sous l'aspect d'un squelette vêtu d'un costume de laboureur du pays comportant une chupenn (veste) et des bragou braz (Pantalons bouffants que portaient les Bretons jusqu'au XIXème Siècle) noirs, avec, sur ses cheveux blancs, un large feutre à rubans. Sa tête tourne sans cesse autour des vertèbres cervicales comme le radar d'un navire. Il est, comme la mort de l'iconographie classique, armé d'une faux, emmanchée à l'envers, le coté tranchant vers l'extérieur. Car l'Ankou ne fauche pas en ramenant la lame vers lui, mais en la poussant en avant pour faucher la vie de ses victimes. Il parcourt la nuit les campagnes, et entasse dans une charette délabrée qu'on appelle karrigell an ankou, ceux qu'il entraîne dans la mort. ( … ).

En nul coin de Bretagne, la cohorte funèbre n’est aussi serrée que sur le Menez, la montagne noire, lieu chaotique où les défunts font pénitence. Sur les voies hantées s’entendent des gémissements. Écrasés sous les pas des lourds humains, les ombres se tordent de douleur. C’est aux détours de ces sentiers antiques que se rencontre la charrette de L’Ankou ( … ).

Cependant, la crainte des Bretons apparaît à l'évocation de l'Ankou, en breton 'Anken' signifie chagrin, 'Ankoun' oubli. Personnage clef des légendes bretonnes, l'Ankou est la personnification et l'artisan de la mort (oberour ar maro). On le représente comme un squelette drapé d'un linceul et portant une faux à la lame retournée qu'il affûte avec un os humain, ou comme un homme grand et mince au visage dissimulé sous un chapeau large, tenant lui aussi une faux. Des représentations anciennes le montrent armé d'une flèche ou d'une lance. Il se déplace sur une charrette bruyante où il entasse les morts qu'il a fauchés. Pour effrayer les vivants, ils entasse des pierres dans sa charrette afin de la rendre encore plus bruyante. Ce funèbre convoi est le 'karrig an Ankou' char de l'Ankou (ou 'Karriguel an Ankou' littéralement brouette de l'Ankou), remplacé par le 'Bag nez' bateau de nuit dans les régions du littoral. Entendre grincer les roues du Karrig an Ankou ou croiser en chemin le sinistre attelage sont des signes annonciateurs de la mort d'un proche. ( … ) On raconte que le dernier mort de l'année dans chaque paroisse devient à son tour l'Ankou pour l'année en cours (… ). Il n'est pas fondamentalement mauvais, et il lui arrive d'aider les vivants (généralement en les prévenant de leur mort afin qu'ils mettent leurs affaires en ordre avant de mourir), mais c'est un artisan consciencieux, et sa présence est généralement néfaste pour les vivants. » ( source www.viaouest.com )



Le 31 octobre, Halloween pour les uns,
Jour de Samaìn pour les autres,
normalement l'Ankou se repose ...
C'est le seul jour de l'année où son karrig ne patrouille pas ...
et pourtant ...



commentaires

31/10/05 - 03:25

Et bien...
Je me serais encore bien instruit avant de m'en aller dormir...

:0)

31/10/05 - 03:30

Tu ne connaissais pas la légende??

31/10/05 - 03:42

je connais l'ankou gràace un album de Spirou que j'ai lu quand j'étais môme, et c'est mon pire cauchemar d'enfance. Il faudrait que je le raconte comme c'est halloween

Sorty

31/10/05 - 03:53

Mais volontiers Sorty ... volontiers ...

31/10/05 - 07:13

"Ankou : Le passeur des âmes vers le grand Océan de l'Ouest. Il attend dans sa Barque de Nuit (Bag Noz) les âmes des trépassés (Anaon) pour les mener vers les pays de l'Autre Monde"...etc
La beauté d'un mythe n'est vraie que si elle est plurielle :)
Chez les dires bretons la Mort est un sujet obsédant. Si lors d'une marée haute aussi remonte vers les terres un épais brouillard, sachez que des morts vous visitent...

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 



FIGARO, gardien de mon Blog !...








Une Charogne


Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'ou sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposées !


Le Poison


Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
Et charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort!



Charles BAUDELAIRE







On aime, on n'aime pas ?
Moi j'ai adoré ...