21/01/2010[ 399 ] - TV addict
BOUFFI
CHASSEUR
DE L'EMPIRE
[ 398 ] - Binary Solution
21 Janvier : Monarchie ou République ? Ce jour-là les Français ont tranché la question ...
15/12/2009[ 396 ] - Roots refundation
Voilà, c’est fini ... Le changement de coquille est accompli. La période bernard-l’ermite est achevée. Jouir enfin des lieux nouveaux, aménagés comme on a choisi, savourer l’espace, consumer le plaisir de découvrir son propre chez-soi. J’aime l’endroit où je peux enfin écouter sans déranger, j’aime ma bibliothèque où Cavafy voisine avec Cioran. J’aime l’idée d’avoir accompli le miracle de la transformation entre un appartement féminin et la Tour refuge de la Liche. Je mets plus de temps que le chat pour m’approprier les lieux, mais je n’ai eu besoin que d’un battement d’aile de papillon pour me désapproprier de l’ancien. Je suis un palétuvier, mes racines sont aériennes, je les déplace où je veux. Je vais bien. 26/11/2009[ 395 ] - Hermit Crab attitude
15/10/2009[ 394 ] - Rebuffade
Naître tout simplement comme un outrage,
Grandir à la manière d'une blessure,
Vivre encore comme une insulte,
Flétrir enfin, semblable à un parjure,
Mourir dans une dernière offense,
Mais surtout aimer,
Aimer toujours aimer,
Aimer comme un affront ! 29/09/2009[ 393 ] - Sleeping Venus

Là, un dard venimeux
Là, un socle trompeur
Plus loin
Une souche à demi-trempée
Dans un liquide saumâtre
Plein de décoctions
D'acide...
Qui vous rongerait les os et puis
L'inévitable
Clairière amie
Vaste, accueillante
Les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d'une canopée
Plus haut que les nues
Elle est née des caprices, elle est née des caprices
Pommes d'or, pêches de diamant, pommes d'or, pêches de diamant
Des cerises qui rosissaient ou grossissaient
Lorsque deux doigts s'en emparaient
Et leurs feuilles enveloppantes
La pluie et la rosée, la pluie et la rosée
Toutes ces choses avec lesquelles
Il était bon d'aller
Guidé par une étoile
Peut-être celle-là
Première à éclairer la nuit, première à éclairer la nuit
Vénus, Vénus, Vénus
Là, un dard venimeux
Là, un socle trompeur
Plus loin
Une souche à demi-trempée
Dans un liquide saumâtre
Et d'acide...
Probablement qui vous rongerait les os
Et puis
Les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d'une canopée
Elle est née des caprices, elle est née des caprices
Pommes d'or, pêches de diamant, pommes d'or, pêches de diamant
Et ces cerises qui grossissaient lorsque
La pluie et la rosée
Toutes ces choses
Guidées par une étoile, guidées par une étoile
Première à éclairer la nuit
Vénus, Vénus, Vénus, Vénus
Elle est née des caprices, elle est née des caprices
Pommes d'or, pêches de diamant, pommes d'or, pêches de diamant
Et ces cerises qui grossissaient lorsque
La pluie et la rosée
Toutes ces choses
Guidées par une étoile, guidées par une étoile
Première à éclairer la nuit
Vénus, Vénus, Vénus, Vénus. A. Bashung -Venus
in Bleu Pétrole
09/09/2009[ 392 ] - El Ultima Aliento

After such a long walk
From the undergrounds of Hell,
To the rooftop of Heaven,
Passing by all around the Earth,
Which took him forever and one day
An old Chimera decided
To settle in a valley of nowhere.
It took him forever and one day
To build well his very masure,
With roots established deeply
In the deepest Underworld
And a roof bordering the clouds.
And he gave it the shape of a Tower Tree.
Then he let people in and out,
During forever and one day about.
Welcoming enemies to his table,
Letting friends leave for good.
The Chimera allowed everyone
And everyone came as a pilgrimage.
One very night cloudy and full moon,
The Chimera found himself alone
And he left the Tower Tree,
Just longing for a last walk,
All around the Earth and mankind,
And he walked and he ran
Forever and one day before coming home.
Then he first kissed the Moon,
Then he also loved the ground.
Come back to the Tower Tree,
He walled the door with bricks
Of oblivion and silence, and
Finally after another forever and one day,
He burnt the Tower Tree,
And so he burnt inside for sure
With flames of painful eternity.
After almost forever and one day
There was nothing more from the Tower
But a huge amount of ashes.
Then, Pilgrims came for nothing,
During about forever and one day,
Until once they saw on the ground,
Amongst the ashes and the rocks,
Growing together forever and ever,
A rose and a lily flower …
03/09/2009[ 391 ] - 13 Horses

13 horses swimming in the sea
Waiting for someone to find them
Their ship is gone
and now they are alone
With water everywhere around them
The men were saved
from the sinking ship
Right before it started to burn
And while they’re safe
their loyal friends need help
Patiently waiting for their turn
13 horses swimming in the sea
They don’t even know it’s pointless
Their pride remains
but this time it won’t help
They used to be so tall
and suddenly they’re small
There’s a couple waiting far behind
Soon they will be out of sight
But then who cares –
they’re dying anyway
All of them are doomed this night
11 horses swimming in the sea
The sea they thought was just a river
They’re used to this
it’s probably just a race
That helps to ease their minds
but where’s the finish line
The night grows dark
the body wants to rest
It hurts to breathe
and still they do their best
They want to live
no matter for how long
Their thoughts all disappeared
‘Cause now they’re really scared
7 horses struggling in the sea
Waiting for someone to find them
They don’t look back
‘cause what’s the point of that
There is only death behind them
They cry for help
but help will never come
They don’t know where to swim
or what they’re swimming from
They try to swim some more
when panic starts to spread
They’re swimming in to shore
but only in their heads
The 3 last horses
Dying in the sea
Shouting out their cries for no one
They’re born to win
they’re screaming in their hearts
The strength of thousand men
They’re fighting to the end
The sun is up
Birds are everywhere
They’re flying high
surfing in the air
It’s nice to live
when life is such a blast
One horse still swims
it seems to be the last
The thirteenth horse
has always been the best
His owner will be proud
But now he wants to rest
He’s longing for his home
The girl will give him food
“Good boy” - she’ll say
together they will play
13 horses swimming in the sea
Soon they will be gone forever
And while they swim,
One thing still remains
And that’s the hope that never dies
It never dies
It never dies
A. Rybak - 13 Horses
( Fairy Tales )
25/08/2009[ 390 ] - Puisqu'il faut confesser ses fautes un jour ou l'autre ...

L'esprit est fort mais la chair est faible, on le sait ... Et faute avouée est à demi pardonnée. C'était la moindre des pénitences pour moi que de devoir confesser publiquement ma faiblesse. La raison aurait dû m'empêcher de faillir mais qu'en restait-il alors ? J'ai craqué. Cédé. Lâchement laissé parler mon corps et non mon esprit. C'est comme ça, ce sont choses qui arrivent, et vous le savez tous. Si grande soit ma contrition ce jour, elle ne minimise en rien la faute passée. Vous le devinez, c'est à Paris que j'ai consommé. Impossible de résister pour moi, face à tant de tentations. J'ai lutté mais trop peu.
Eh quoi me direz-vous, MaleF s'est tapé un petit brun et alors ? Il n'y a pas mort d'homme ...
Certes ! Mais si vous me connaissez, vous savez que je n'en avais pas le droit, moralement s'entend. L'événement en soi est d'une affligeante banalité. Je l'ai croisé plusieurs fois avant de lui céder. Il n'a pu qu'attirer mon regard, par ses formes et sa douceur apparente. C'est vrai qu'il a été doux pour moi, doux comme on ne l'avait pas été depuis fort longtemps. Du bonheur pour les yeux avant tout, puis cette délicatesse de peau quand je l'ai touché, hésitant quand même un peu au début. Et tout a basculé quand ma langue l'a goûté, comment vous dire ?... Je me suis abandonné corps et âme à cette dégustation délicieuse ...
Je cherche depuis ce soir, depuis ce morceau de nuit où je me suis damné pour lui, comment oublier ou regretter, pour me faire pardonner mais, plus je cherche, et moins je trouve ... Je ne sais pas si cela se reproduira, si je dois espérer avoir encore l'occasion de laisser ma langue courir sur son dos ... mais j'avoue que je ne rêve que de ce moment depuis mon retour ...
Vous ne pouvez pas m'aider, c'est trop tard ... mais vous pourrez peut-être comprendre, qui sait ? 03/08/2009[ 389 ] - Dé-raisonnable

Avec un nom qui rappelle celui d’une voleuse de sou fétiche, Miss.Tic orne depuis 1985 les murs parisiens de sa peinture au pochoir. La cinquantaine triomphante, après une vie largement mouvementée autant que remplie, elle vient de publier récemment chez Grasset un recueil d’aphorismes tout à fait exceptionnel. Anarchiste dans l’âme, c’est tout naturellement à la bombe qu’elle peint.
Son style est reconnaissable entre tous ( de nombreux exemples sont visibles sur les murs près des Buttes-Chaumont ou dans le XIVe arrondissement ). Toutefois, sur le papier noir de son dernier livre, les caractères blancs qui rappellent que - malgré les teintures - ses cheveux aussi accusent le temps qui passe nous transportent pour un aller simple en introspection. “ Je prête à rire ... mais je donne à penser ” n’est pas qu’un titre aguicheur, c’est le menu détaillé de ce qui attend le lecteur.
J’aime cette femme combattante, qui aime les hommes, tout en défendant et la Femme et la féminité. Je veux pour elle qu’on ajoute au dictionnaire le terme de fémininiste , qui est selon moi celui qui la définit le mieux.
Saltimbanque des mots, elle jongle entre allitérations et jeux de mots comme d’autres le font avec leurs bolas : elle les tourne en sa faveur, les détourne pour nous faire réfléchir, sourire sans jamais choquer ni tomber dans le vulgaire. Femme barrée, déjantée et tout simplement insupportable mais divinement attirante, Miss.Tic a fait des graffiti une œuvre tout à la fois littéraire et graphique. “ Femme de l’être ” était le titre d’une précédente monographie sur son travail mais cela peut aussi, selon moi, s’appliquer à l’ensemble de sa vie.
Miss.Tic vit son art, par son art, pour son art et de son art. Sa philosophie confine au bon sens (populaire ou pas) sans sombrer dans la facilité. La force de sa magie nous fait passer la canette de bière bue sur un coin de trottoir pour de l’alcool mondain. Miss.Tic est un épiphénomène d’anti-mode. Un Miss.Tic ne s'efface pas, Monsieur, il s'entretient.
Je lui laisse tout naturellement le mot de la fin :
je suis
la voyelle
du mot
voyou 28/07/2009[ 388 ] - Vesti la giubba ...
... e la faccia infarina.
La gente paga e rider vuole qua.
I Pagliacci - Leoncavallo
26/07/2009[ 387 ] - A time for us ...
D.ieu, dit-on, mit 6 jours
pour faire le Monde ;
en une nuit, à deux,
on l'a bien refait trois fois ...
20/07/2009[ 386 ] - Memento
Dis lui que tu viens d'un endroit,
où la parole donnée vaut plus que les actes signés. 28/06/2009[ 385 ] - L'envie du moment ...
14/06/2009[ 384 ] - Blood, I want blood ... I need blood
I'm a tree that grows hearts
One for each that you take
You're the intruder's hand
I'm the branch that you break
in Bachelorette - Björk
27/04/2009[ 383 ] - Vanité à la boîte noire
22/04/2009[ 382 ] - Fear
No matter what I have been, or what I am
Fear what I could become ...
08/03/200927/02/2009[ 380 ] - A quatre mains ...

Place de l'Hôtel de Ville, il doit être dix heures. Elle marche à son bras. Elle n'entend rien que sa petite voix intérieure qui lui rappelle tout ce qu'elle a encore à faire avant le grand dîner de ce soir. Elle croise un homme aux cheveux hirsutes qui lui rappelle ces Japonais qui photographient tout sans rien voir de leurs propres yeux.
Comme toujours, elle s'est réveillée tôt ce matin. Elle a préparé le petit-déjeuner et ce matin, c'est un verre de jus de pamplemousse qu'elle a versé. Hier c'était du jus d'oranges. Elle a consulté son calepin pour se rappeler de l'heure de son rendez-vous de coiffeur, d'esthéticienne et de fleuriste. Pour ce soir, tout doit être parfait, à commencer par elle ! Mais - comme toujours - tout sera parfait. Elle sourit.
Gaëlle sourit depuis qu'elle est en âge de le faire. Elle sourit tout le temps. Même face aux épreuves, si elle en avait eu, parce qu'elle est ce qu'on appelle une personne chanceuse. Elle n'a pas connu d'épreuves. Alors, naturellement, elle sourit. Au loin, elle aperçoit une jeune femme assise sur la fontaine. C'est une idée bizarre, elle risque de se salir. Et comme la jeune femme les observe, elle sourit. Elle doit attendre quelqu'un. Dans son for intérieur, elle se dit qu'elle a eu raison de mettre sa veste légère en lin, il a l'air de faire chaud mais un coup de vent est si vite arrivé. Gaëlle est prévoyante, c'est ce que Yann aime chez elle. D'ailleurs comment pourrait-il en être autrement ? Elle sourit à l'idée de la réception de ce soir, qui leur changera les idées, Yann travaille trop en ce moment. Hier encore, il est rentré tard. Elle pense au Japon comme une destination possible pour l'été prochain. Elle sourit. Oui le Japon. Ou bien le Vaucluse dans la maison de l'oncle Pierre, le Vaucluse c'est bien aussi. Comme elle ne veut pas être en retard chez son coiffeur, elle se dépêche, embrasse Yann sur la joue et s'éloigne. Elle sourit en repensant à la femme assise à la fontaine.
Ça doit être une femme amoureuse pour avoir des idées pareilles.  |
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FIGARO, gardien de mon Blog !...
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Une Charogne
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'ou sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposées !
Le Poison
Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.
L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au delà de sa capacité.
Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
Et charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort!
Charles BAUDELAIRE
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